a Russie est aux antipodes du reste du monde. La Réserve fédérale US affiche actuellement un taux historiquement bas (0 – 0,25 %). Mais une hausse est attendue d’ici la fin de l’année (nos économistes Rosbank anticipent un taux à 0,5-0,7 % fin 2015). En zone Euro, le taux de refinancement de la Banque centrale européenne est à 0,05 %, au plus bas historique. Là, aucun changement n’est attendu à brève échéance. Ici en revanche, la Banque centrale de Russie, après avoir augmenté son taux directeur drastiquement de 10,5 % à 17 % en pleine crise financière en décembre, est dans une logique de baisse. Soulagement pour les particuliers, les entreprises et les banques même si ce taux baissé à 14 % le 13 mars dernier demeure très élevé !

Élevé ? Pas au regard de l’inflation encore annoncée récemment officiellement à plus de 16 % ! En effet, ce taux ne peut être considéré qu’en relation avec l’inflation. Pourquoi reste-t-il trop élevé pour emprunter (et de fait les prêts, aux particuliers comme aux entreprises, sont en baisse en ce début d’année) ? Car, si l’inflation est bien à plus de 16 % (voire beaucoup plus sur certains produits, notamment importés), les anticipations d’inflation sont à la baisse, avec un retour vers un régime en dessous de 10 % prévu par nos économistes d’ici un an. La banque centrale – dont l’objectif est notamment de maîtriser l’inflation – devrait donc, selon nous, continuer à baisser son taux directeur : nous attendons 11 % en fin d’année, et un passage en dessous de la barre symbolique des 10 % dès 2016.