Mario Draghi, président de la BCE.

C’était inimaginable il y a six mois encore. Le 8 avril, la Suisse a émis des obligations à dix ans à un taux négatif (– 0,05 %). Jamais un Etat n’avait emprunté à un taux inférieur à zéro sur une aussi longue durée. Et ce n’est qu’un début : la France et l’Allemagne pourraient suivre d’ici peu. De fait, Berlin s’endette déjà à des taux négatifs jusqu’à sept ans, et Paris, jusqu’à quatre ans.

Cela n’a rien de normal. Le fonctionnement des marchés est perturbé par les actions de la Banque centrale européenne (BCE). Par l’intermédiaire de son programme d’assouplissement quantitatif (quantitative easing en anglais, ou QE), l’institution rachète massivement des obligations d’Etats de la zone euro, ce qui fait monter leur prix – et donc, diminuer leur rendement.

Une bonne nouvelle pour les Etats, qui bénéficient ainsi de meilleures conditions de financement. Mais le QE a d’autres effets : il fait décoller les Bourses européennes,…